Catégorie : design

  • #InspireYourBusiness : tous les podcasts de La Brigade du Web

    Quels enjeux pèsent l’IA sur nos métiers de communicants ?

    Vous n’êtes pas encore en vacances, et voilà qu’on vous parle déjà de podcasts pour votre veille…  Quelle plaie !
    Et pourtant, s’il y avait moyen de tout cumuler ?
    De profiter de ce temps de pause estival pour prendre du recul, réfléchir, et écouter notre série de podcasts #InspireYourBusiness.

    Influence, création de contenus, médias, retail & luxe… Quels enjeux pèsent l’IA sur nos métiers ?
    Pour y répondre, nous avons réalisé une série de podcasts sur l’impact de l’IA pour les communicants.

    👉 Quel est l’impact de l’IA sur l’Influence ? Avec Camille Jourdain & Jonathan Chan

    L’Intelligence artificielle, est-elle l’ennemie des influenceurs ou serait- elle une aide précieuse pour les professionnels du marketing?
    Comment l’IA joue t-elle un rôle fondamental pour les plateformes comme Linkedin ou X ?Face à la multiplication de fakes, faut-il redouter le binôme Influence et IA ?

    👉 Quel est l’impact de l’IA sur CANVA ? Avec Céline Beckrich & Emilie Marquois 

    Quels sont les outils et les fonctionnalités alimentées par l’IA dans Canva ?Quels sont les points forts et les inconvénients de l’outil ?
    L’IA va t-elle remplacer les créateurs ?

     👉 Quel est l’impact de l’IA sur les podcasts ? Avec Christian Belala et moi même

    Avec 134 millions de podcasts téléchargés ce nouveau média entre dans son âge d’or.
    Comment sélectionner les plateformes d’enregistrement ?
    Comment l’Intelligence artificielle peut-elle vous aider à améliorer et à optimiser votre média ?

    👉 Quel est l’impact de l’IA sur la création de contenu ? Avec Christine Soto & Martine Le Jossec  

    Pourquoi utiliser l’IA dans la création visuelle ?
    Quelles sont les campagnes qui utilisent l’IA ?
    Quels sont les meilleurs générateurs d’images ?

    👉 Quel est l’impact de l’IA sur le Retail & le Luxe ? Avec Emilie Marquois & Jérôme Monange

    Comment l’IA va t-elle révolutionner le secteur du retail ?
    Pourquoi le luxe s’empare t-il de l’IA Générative ?
    Quels sont les cas d’usage ?

    👉 Quel est l’impact de l’IA sur les Médias ?

    Certains sites expérimentent l’utilisation de robots conversationnels pour écrire tout leur contenu et se revendiquent comme tels. A l’inverse, d’autres le cachent, provoquant de l’inquiétude.
    Alors faut-il s’inquiéter ou voir l’IA générative comme un outil complémentaire pour les journalistes ?

  • #RETAIL #Luxe VivaTech 2021 & LVMH : les temps forts sur l’expérience client de demain.

    Spécial VivaTech & LVMH :
    les temps forts sur l’expérience client de demain.

    Le secteur du luxe fidèle à son balancier naviguant entre transmission et innovation y est représenté, le groupe LVMH étant cette année le seul groupe présent dans un stand éco-design dont les matériaux utilisés sont tous recyclables.
    Les temps forts selon :


    Jérôme Monange
    , membre de la Brigade Du Web, conseil marketing et communication, retail expert et fondateur du « Lab Luxury and Retail»

     

    L’impact de la crise sanitaire 

    Michael David Digital Omnichannel Officer, transformé en Covid Digital Chief Officer dresse les grandes lignes des conséquences de la crise sanitaire.
    Bon gré, les ventes digitales ont explosé ( Sephora aux USA, ou pour l’ensemble des marques du groupe présentes en Chine via la plateforme WeChat …) et malgré la fermeture des points de ventes les marques ont développé des solutions innovantes et alternatives pour rester en contact avec leur clientèle. En quelques semaines sont développées de solutions digitales notamment sur smartphone impliquant les conseillers de ventes boutique ; à l’exemple de DIOR  ;  via la vente à distance, le « ship from store » ou avec de nouvelles facilités de paiement comme le « pay by link ».

    Le constat fait que le digital permet non seulement de s’adapter aux nouveaux consommateurs connectés, mais surtout pour les marques du groupe de garder le contact avec ses consommateurs n’importe où et via n’importe quel device tout en transposant un principe central à la relation client dans le luxe le clienteling et dans le digital un « one to one commerce ».

    Le futur de l’expérience client passera toujours par la boutique

    Le futur de l’expérience client passera toujours par la boutique, où « la vraie expérience de marque sera vécue » rappelle Michael David, mais la nécessité de l’horizon d’un nouveau storytelling digital doit être redessiné.
    Du social commerce one to one, à l’utilisation de nouveaux outils sur les sites des marques du groupe, notamment via la technologie 360 permettant de visualiser un produit en 3D, ou le développement de l’omnicanal, et plus de flexibilité et de personnalisation en lien avec la géolocalisation de l’offre. Le tout demandant aux équipes internes, d’adopter de nouveaux schémas de pensées, d’organisation, et beaucoup d’agilités et de technique…

    LVMH & Google Cloud pour créer une expérience client personnalisée

    Cette volonté d’innovation et ce besoin de technologie ont été marqué par l’annonce d’un nouveau partenariat particulièrement inédit, celui de Google et LVMH, l’alliance des deux numéros 1, respectivement du numérique et du luxe.
    En effet les deux géants s’allient dans le domaine du Cloud. Ce mariage poussé par la crise sanitaire mondiale, répond aux besoins de réactivité internationale du groupe face la montée exponentielle des datas mise en circulation, via la croissance des données et transactions clients digitales et points de contact des marques.

    L’un des exemples des bénéfices attendus est donné par Franck Le Moal , Directeur Numérique LVMH « pour connaître la tendance des ventes de produits en magasin il fallait en moyenne de 17 à 20 jours pour remonter l’info à nos ateliers de productions » l’utilisation du Cloud devrait réduire considérablement cet espace temps et donc de  réactivité «  et d’ajuster la production des ateliers en 2-3 jours »   désormais … Bien évidemment l’utilisation et le traitement des données permettra aux marques du groupe d’offrir plus de personnalisations aux clients, et de localisation à l’offre…

    Marques & Startups «  The future of Customer Experience is here »

    La présence de LVMH au-delà de ses prises de paroles importantes en conférence de presse, était aussi imposante sur VivaTech via l’intervention de 43 speakers issus de 12 maisons du groupe, et 27 prises de parole, ainsi que les 12 start up sélectionnées parmi les 28 finalistes et  850 propositions reçues lors de l’édition du LVMH Innovation Award 2021,  présentant leurs innovations respectives sur leur stand éco-responsable sur la thématique «  The future of Customer Experience is here »

    3D LOOK
    La jeune pousse ukrainienne a développé une technologie qui permet de déterminer la taille de vêtement d’une personne simplement à partir de deux photos. Elle a remporté le prix de la startup innovante de LVMH.

    (source Les Echos)

    AQUA DI PARMA
    La marque vient de créer une nouvelle fragrance « Colonia Futura » composée à 99% de produits natures, et se mixe à l’innovation en présentant son diffuseur de parfum d’intérieur personnalisable et règlable à distance via une application mobile dédiée.

    RUINART
    La maison de champagne présente son écrin éco-emballage «  Second-skin » lancé dès 2020, dont la fabrication a nécessité deux années de mise au point, mais dont le brevet est en open innovation.

    Mycoworks
    Etonnante future pépite de la sustainability la start up MYCOWORKS  ( USA) utilise des champignons et une recette tenue top secret pour produire du cuir de substitution soit pour des produits d’intérieur, soit pour des produits d’extérieurs comme des chaussures ou des sacs. Le tout sans conséquence pour la vie animale, ni utilisation de matériau plastique. Dans les bagages de la marque déjà un futur sac à main chez HERMES à découvrir prochainement ( l’information n’est pas trop ébruitée car l’on connaît l’inimité des deux groupes français de luxe ) .

    Fili Pari
    D’un autre coté la start-up FILI PARI ( Italie)  récupère et recycle les poudres issues de l’industrie du marbre, pour les transformer en fibres imperméables à destination de l’industrie textile.

    HIPLI
    En France, la start-up HIPLI, tente de rendre le e-commerce plus éco-responsable en produisant des emballages réutilisables par les enseignes et pure-player, qui une fois arrivés chez le destinataire peuvent être renvoyés gratuitement à HIPLI et astucieusement réduit au format d’une boite aux lettre pour une seconde vie. D’ailleurs la start-up vient d’être récompensée par l’un des 6 prix du LVMH innovation award;

    ACTRONIKA
    Elle présente une technologie haptique déconcertante, qui permet d’avoir un ressenti physique dans une interface humain-machine  ( ici l’ordinateur) pour améliorer l’expérience utilisateur devant son écran. Cette technologie immersive peut être déroulée sur le site de la marque.

    (source eMarketing Magazine)

    La Start-up BAMBUSER (Suède)
    Elle apporte la technologie nécessaire à la mise en place de séance de live shopping online en one to one ou one to many. Permettant aux marques du groupe d’offrir de nouvelles expériences digitales de conversations, démonstrations , ventes etc …Parmi leurs clients on compte déjà le pure-player de luxe Farfetch, mais aussi des marques du groupe LVMH , DIOR et MAKE UP FOR EVER . La start up sera la grande gagnante du LVMH innovation Award remis ce 18/06.

    D’ailleurs la marque MAKE UP FOR EVER présentera la mise en place de cette  technologie, qui a la volonté de disrupter le e-commerce et de mettre la conversation au cœur de l’expérience de marque, au bénéfice de leurs clients qui sont directement mis en relation avec les make-up artist de la marque  pour un échange et des conseils personnalisés .

    LEVITA MAGIC
    Elle propose un display au process à effet wouhaoo garanti mêlant magie et électro-magnétisme et propulsant un objet jusqu’à 1 kg en lévitation dans un contenant transparent. On peut imaginer l’expérience visuelle offerte pour attirer l’attention sur une vitrine d’un magasin ou un produit à mettre en avant …

    MAKE UP FOR EVER nous a fait la démonstration de l’utilisation de son « shade finder » désormais disponible depuis son site permettant aux client(e)s de découvrir automatiquement quel fond de teint lui sied le plus parmi la gamme proposée.

     

    INNOVATIONS ET TECHNOLOGIES 

    L’innovation liée à la Blockchain 

    En avril 2021, LVMH s’est associé à Cartier et Prada pour développer Aura Blockchain Consortium, la première blockchain de luxe internationale. Une solution unique et innovante pour répondre au défi de la communication d’informations relatives à l’authenticité, à l’approvisionnement responsable et à la durabilité des produits de luxe dans un format numérique sécurisé. (source LVMH )

    Le certificat digital 

    L’horloger de luxe HUBLOT présentait sa « e-warranty », un certificat digital produit grâce à la photographie de votre montre HUBLOT, prise depuis votre smartphone ( versions récentes recquises). Cette photographie permet de reconnaître les micro-structures des matériaux usinés et utilisés ; définis comme uniques, et différents pour chaque pièce horlogère ;  qui génère la reconnaissance de l’objet unique via le digital depuis la blockchain AURA  ( consortium de plusieurs maisons de luxe ) Une fois reconnue votre e-warranty vous permet grâce à l’application mobile de rester en contact avec la marque et notamment son service relation client.  Si la marque a eu la délicatesse de me faire parvenir ma e-warranty je n’ai toujours pas reçu à ce jour l’objet de ma convoitise …

    De son coté la marque phare du groupe LOUIS VUITTON présentait en avant-première sa future application mobile dont la sortie est annoncée prochainement.

    Cette dernière s’adressera aux clients de la maroquinerie dans un premier temps, et de la petite maroquinerie dans un deuxième temps. Respectivement ces deux lignes de produits iconiques du succès de la Maison LOUIS VUITTON, sont équipées depuis 3 ans et 1 an de puces RFID, afin de suivre le cycle de vie du produit mais aussi lutter contre le fléau du luxe : la contrefaçon.

    Ces puces RFID permettront d’identifier l’authenticité de l’article, et indiqueront en sus de nombreux autres renseignements en rapport avec la marque et la production de l’article se résumant aux questions où et quand ?

    Ainsi seront présentés les informations liées au développement durable ( certification internationale) , les informations fournisseurs en terme de normes ISO certifiantes, mais aussi de developpement durable et de production d’énergie nécessaire à la fabrication du produit.
    D’autres information regroupées «  behind your bag »  présenteront des contenus internes à la marque.

    En conclusion LVMH aura marqué cette édition 2021 de VivaTech, de l’annonce de son partenariat avec Google, à la présentation de solutions mixant création et innovation répondant à la thématique de la rencontre de la technologie et du luxe.

    On notera dans ces axes de développement la vision de l’expérience client de demain, qui illustrait le choix des 28 start up sélectionnées dans le LVMH innovation Award. Mais aussi le développement de solutions répondant à l’exigence accrue des consommateurs et des marques pour un environnement préservé et durable.

    Une fois de plus la crise sanitaire a accéléré la digitalisation  (ici) du secteur du luxe, mais aussi le besoin de solutions innovantes pour répondre aux nouveaux besoins des consommateurs connectés.  D’un autre coté le luxe a pris conscience de la nécessité holistique du rôle des marques pour répondre aux défis du monde de demain.

     

     

  • Dieu dit “Que les données soient !” et les données furent!

    …Et Dieu créa l’UX design en 7 jours

    Romain Glé, Directeur du design, WAX Paris

    Nous avons le design sprint, le material design, Circular design, le skeuomorphisme, mais quelque soit la méthodologie évoquée, nous savons tous que l’UX design a été inventé par Dieu…En seulement 7 jours !

    Le premier jour, Dieu rassembla toutes les données

    Dieu dit “Que les données soient !” et les données furent.

    Techniquement, il est un peu plus compliqué de récupérer les données souhaitées. Qu’il s’agisse des données analytics d’un site, de recherches utilisateur déjà effectuées, d’une base de données client ou banque d’image, tout cela n’apparait pas par la grâce de Dieu !

    Le deuxième jour, Dieu définit une stratégie

    Dieu dit « Qu’il y ait un firmament au milieu des données et qu’il sépare les données d’avec les données » et il en fut ainsi… et Dieu appela le firmament « stratégie ».

    Fort de toutes ces données et une fois leur analyse effectuée, il y a une stratégie à adopter. Refonte du site, simple rafraîchissement, création d’une application, d’une webapp,… Quel type de service rendra-t-on ? Autant de questions auxquelles vous devrez être à même de répondre avant de passer à la suite.

    Le troisième jour, Dieu conçut le wireframe

    Dieu dit « Que les données qui sont sous la stratégie s’amassent en un seul endroit et qu’apparaisse l’interface » et il en fut ainsi.

    Ici nous rentrons dans le concret. Quel sera le parcours utilisateur ? De quoi sera constituée l’interface ? On va commencer par faire des croquis rapidement afin de valider une première approche puis nous passerons sur l’ordinateur afin de formaliser plus précisément les zones et interactions. Ici, pas de couleurs, peu importe la forme des boutons ou le choix des couleurs.

    En conclusion, le wireframe c’est moche, mais ça fonctionne.

    Le quatrième jour, Dieu peint

    Dieu dit « Qu’il y ait des formes au firmament du wireframe pour séparer le noir et le blanc; qu’ils servent de signes, tant pour les boutons que pour les textes et les images ; qu’ils soient des couleurs au firmament du wireframe pour éclairer l’interface » et il en fut fait ainsi.

    Un fois le wireframe validé, nous passons donc au design graphique de l’interface. Cette fois-ci il s’agit de l’aspect visuel final qu’aura notre produit digital. Choix des couleurs, typographies, et formes des éléments se déterminent à ce moment là.

    Le cinquième jour, il créa le prototype

    Dieu dit « Que les pages grouillent d’un grouillement de call-to-actions et que des curseurs volent au-dessus de l’interface contre le firmament de l’interaction » et il en fut ainsi…

    Le prototype sert à interagir avec l’outil. Il n’est pas opérationnel et tous les éléments ne sont pas cliquables mais il permet de naviguer dans l’ensemble des pages et permet de faire un parcours type de l’outil.

    Le sixième jour, il testa sa création

    Dieu dit « Faisons le user test à notre image, comme notre ressemblance, et qu’ils dominent sur le client donneur d’ordre, les designers de l’agence, les chefs de projet, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre » …

    En tant que designer, nous essayons en permanence de nous mettre à la place de nos utilisateurs et de ressentir ce qu’ils ressentent tout au long de leur parcours (cela a un nom, c’est l’empathie). Mais personne n’est infaillible, et surtout lorsque l’enjeu est important, il faut toujours vérifier que l’hypothèse qui a été déterminée est valide. Seul une phase de test, avec de “vrais” utilisateurs permet d’effectuer la validité du projet. On va souvent vous demander de supprimer cette phase parce que trop cher, mais accepter serait votre pire erreur, et pourrait vous gâcher votre dimanche, jour de repos !

    Le septième jour, il envoya en développement et se reposa

    Au septième jour Dieu avait terminé tout l’ouvrage qu’il avait fait et le septième jour il envoya en production, après tout l’ouvrage qu’il avait fait. « Dieu bénit le septième jour et le sanctifia car il avait chômé après tout son ouvrage de création.

    Telle fut l’histoire de l’expérience utilisateur et de l’interface, quand elles furent créées.

    Du repos ? Non, l’UX designer ne se repose jamais. Même si son travail est terminé, il est indispensable qu’il ait un oeil sur la phase de développement, afin de s’assurer qu’il n’y ait aucune information qui se perde, et que certains choix faits par les développeur ne perturbent pas l’expérience outre mesure. Et même avec un document de spécifications le plus précis possible, il est toujours utile de maintenir un suivi de la production car à la fin c’est bien cet outil là que l’utilisateur aura en face de lui.

     

     

  • Le Design Thinking : le futur de l’entreprise

    « Design Thinking : la prochaine étape de transformation business pour gagner la course à l’innovation »

    Par Pascal Malotti, Directeur Conseil & Marketing, Valtech France

    A notre époque, l’expérience client est devenue essentielle pour maximiser le parcours d’achat et fidéliser les utilisateurs. A ce titre, le Design Thinking, qui pose l’empathie, l’intuition et la co-création avec l’utilisateur comme pierre angulaire de l’innovation, pourrait bien devenir le sésame des entreprises qui souhaitent se différencier et croître sur leur marché.

    Pourquoi le Design Thinking, inventé dans les années 50, est-il redevenu tendance à l’ère des start-ups et du digital ? Les géants de l’Internet, comme Google, Facebook ou encore Amazon, où bien des firmes innovantes comme Apple ou Dyson ne jurent que par lui. Ils l’utilisent pour concevoir et optimiser leurs produits et leurs plateformes. Cette méthodologie qui place le design au cœur du processus de création et de développement convainc de plus en plus de dirigeants d’entreprises. Elle est enseignée dans quelques écoles à travers le monde, dont l’Ecole des Ponts et Chaussées en France. Mais pourquoi le Design Thinking émerge-t-il maintenant et pour quoi faire ?

    L’émergence d’une économie de l’expérience

    Le digital n’en n’a pas fini de transformer nos existences. Avec l’émergence des start-ups et de la nouvelle génération hyper-connectée, la notion d’expérience client que procure une innovation a pris le pas sur sa nouveauté ou sur sa dimension technologique. Des études montrent qu’une  expérience client positive génère un engagement très fort et une fidélité accrue à la marque. Dès lors, la rentabilité et le succès d’une entreprise semblent donc résider dans une recette type : concevoir et proposer un produit ou un service permettant au client de vivre une expérience la plus riche et la plus épanouissante possible. Des entreprises comme Apple avec son i-Phone ou Dyson, avec son aspirateur sans fil, l’ont bien compris. Voilà comment le Design Thinking, cher aux designers, est aujourd’hui devenu l’outil privilégié pour concevoir et mettre sur le marché de nouvelles expériences consommateurs.

    Empathie, idéation et prototypage : les trois étapes clés pour innover

    Le Design Thinking est une manière nouvelle d’appréhender un projet d’innovation. Permettant de sortir des sentiers battus habituels, il associe dans une même équipe de développement des ingénieurs et des professionnels du marketing, aux compétences analytiques, avec des créatifs, plus intuitifs. L’objectif de cette équipe consiste dans un premier temps à identifier une problématique à laquelle sont confrontés les consommateurs et de comprendre son environnement via une étude de marché, de type ethnographique. Ils entrevoient ainsi, de manière concrète, le type d’expériences vécues par les utilisateurs. Cette phase est marquée par la notion d’empathie, un terme cher au Design Thinking. Vient ensuite la phase d’idéation qui va permettre d’identifier un concept et une idée destinés à résoudre la problématique identifiée en phase 1. Puis viendra la phase de prototypage qui permettra de donner une forme à ce concept et d’aboutir à un produit qui sera testé par les utilisateurs, appelés « Béta-testeurs ». Des itérations seront ensuite réalisées en fonction des feed-back pour parvenir à un MVP, un « Minimum Viable Product » qui sera mis sur le marché.

    Une ère de co-création qui favorise l’intelligence collective

    Pour instiller cette culture, cet état d’esprit du Design Thinking, il est essentiel de parvenir, à un moment ou à un autre, à l’industrialiser et à le « routiniser ». En effet, si cette notion d’écoute de l’utilisateur et du marché semble une question de bon sens et une évidence, elles n’en suivent pas moins une méthodologie très structurée. Pour réussir, celle-ci ne peut être appliquée à moitié. Elle consiste en un équilibre entre discipline et méthodologie qui fait penser à la méthode agile. L’objectif est d’aboutir à un résultat tangible, tout en restant avec l’esprit ouvert, avec une vision très large. A chaque instant, diverses hypothèses sont ouvertes, chacune portant ses succès ou ses échecs. Capitalisant sur les possibilités infinies de notre créativité, l’esprit alterne en permanence entre intuition et analyse. Il s’agit de partir sur une hypothèse de travail avec en tête une seule question : « est-ce que l’hypothèse retenue fonctionne par rapport à l’objectif recherché ? ». Les applications du Design Thinking sont multiples et concernent tout projet innovant : qu’il s’agisse des usages liés à une voiture, de concevoir le magasin du futur ou de réaliser les installations d’un événement. 90% des start-ups qui échouent le font parce qu’elles se sont préoccupées de lancer un produit ou un service qui leur tient à cœur, sans se demander si elles résolvent un problème humain. Le Design Thinking est donc essentiel pour permettre la réussite de tout projet innovant.

    Evangéliser et convertir au Design Thinking

    Comment convertir les entreprises au Design Thinking ? Avant « d’entrer dans le dur » avec une méthodologie, il est essentiel de commencer par des process mis en place par des experts qui ont déjà pratiqué le Design Thinking, coaches agiles ou designers. Ces profils pourront ainsi évangéliser sur ce sujet, par exemple en lançant un projet test bien cadré, dont les résultats sont connus d’avance, à partir d’un brief. Des outils ludiques, notamment de gamification, permettront de motiver et d’encourager les équipes de néophytes à continuer à pratiquer ces méthodologies.

    Le Design Thinking et le futur de l’entreprise

    Pour un prestataire, travailler avec un client en mode Design Thinking nécessite que ce dernier ait un niveau de maturité et de disponibilité très important. Il doit également être prêt à investir en ressources et en budget sur ce type de projets. L’innovation et la croissance sont à ce prix. Pour toutes ces raisons, le Design Thinking est probablement la prochaine étape de transformation business au sein des entreprises. Les premiers à l’adopter seront les gagnants.